Le systema, un art martial, mais pas que...

Non, tous les arts martiaux ne se ressemblent pas. À Pau, se pratique une méthode de combat fondée sur les mouvements naturels du corps. L’expression « Poznai Sebia » (le « Connais-toi toi-même » russe) est ici parfaitement revendiquée. Du geste libre à la parole libre, ce sont encore les pratiquants qui en parlent le mieux.

Bibouche, c’est le chien. Il ne sert pas à grand-chose dans l’explication de ce qu’est le systema, mais il a son importance, du moins sa place. On y reviendra.

Choisir et pratiquer un art martial à Pau est assez facile. Du plus doux au plus technique, chacun peut trouver ce qu’il attend. En participant à un cours de systema, nous sommes allés chercher ce que les gens eux-mêmes y cherchaient. Pourquoi faire du systema ? Et puis d’abord, c’est quoi le systema ?

“ Le systema se base sur quatre principes : mouvement continuel, respiration, relaxation et forme/structure.”

Le systema est un art martial libre d’origine russe. Dit comme ça, ça peut faire un peu peur, et pourtant ... « Son approche est basée sur l'étude des mouvements naturels du corps, suivant des principes de relaxation, posture, et respiration 1 ». Il n’y a pas de grade, de ceinture, ni de tenue spécifique. Sont mises en avant les idées d’acquisition de mouvements justes, d’improvisation, d’adaptation à une situation inconnue et de relâchement.

Le systema se base sur quatre principes : mouvement continuel, respiration, relaxation et forme/structure. On est donc loin d’une pratique d’auto défense pure ... Le systema c’est tout autre chose. Et c’est ce que nous expliquent ses pratiquants : Vincent, Georges, Lucas et Richard. Loïc, lui, donne les cours.

En les écoutant, on perçoit un parcours commun : beaucoup se sont dirigés vers le systema après être passés par d’autres arts martiaux. L’envie de ne plus « cogner pour cogner », de laisser de côté une certaine forme de violence pour travailler autrement. « Je ne trouvais plus mon compte dans le rentre-dedans et la compétition, j’avais envie d’autre chose. De quelque chose pour moi, qui me fasse du bien », explique Lucas.

Systema

Tous ceux qui participent au cours mettent en avant le travail sur le corps et la gestion des émotions. Pour Richard, c’est une pratique qui va chercher à l’intérieur de soi, qui permet de se concentrer sur les sensations, sur les tensions accumulées. Dans cette démarche, la respiration est essentielle, comme le souligne Georges : « J’ai totalement réappris à respirer et, du coup, à mieux gérer le stress de ma vie quotidienne ».

Les prises de consciences corporelles ne s’arrêtent pas à la porte de la salle de cours. Elles se prolongent dans le quotidien : « Quand tu sors, tu es bien, détendu, tu es zen », plaisante Vincent. « Avec le systema, poursuit Richard, j’ai appris à mieux accueillir. Accueillir un regard, une remarque, un individu en face de moi. Accueillir ce qui vient ou quelqu’un comme il est, ne pas aller contre ».

“ Si tu veux te foutre sur la gueule rapidement, faut pas faire de systema ! ”

En plus de la conscience corporelle et de la gestion émotionnelle, c’est toute une éducation au contact qui est en jeu. On apprend à évaluer les distances, à anticiper les gestes, à s’appuyer sur les autres. Pendant le cours, cela passe tout aussi bien par le massage que par des frappes au visage. La relation à soi va de pair avec la relation aux autres.

Loïc, l’instructeur, précise : « Il faut se déconditionner. En ayant pratiqué d’autres arts martiaux ou en regardant des films, certains ont une idée de comment un coup de poing doit être donné. C’est purement visuel et ne passe pas par le ressenti. Ici, on passe par le ressenti, le relâchement, la décomposition du geste, la lenteur, la respiration ... et après on accélère ». L’objectif est de maîtriser son adversaire sans lui faire de dégâts. « Si tu veux te foutre sur la gueule rapidement, faut pas faire de systema ! », résume Vincent.

Georges et Richard, les quadras du groupe, apprécient ce côté progressif et souple de la pratique ; le fait de prendre en compte ses propres capacités et limites. Sans se faire mal. « C’est un sport que l’on peut pratiquer encore longtemps, tout en continuant de travailler toujours plus en finesse ».

Et Bibouche dans tout ça ? Le chien reste tranquille à garder la porte. L’ambiance ici est simple et relâchée. Comme les corps.

Notes : [1] http://kumadojo.blogspot.fr

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